Nous sommes, dans ce que notre vie a de plus privé et de plus subjectif,
non seulement les victimes, mais aussi les artisans de notre temps.
Notre temps – c’est nous !

Carl Gustav Jung

Qu’est ce que le temps ? Et si le temps n’existait pas ? Peut-on le transcender ? Qu’est ce que la transcende ? Je vous invite à un voyage dans le temps à la découverte d’un sens immatériel et subjectif propre à chacun.

Le temps est un sixième sens à explorer, il est omniprésent et immatériel, dans notre vie quotidienne… Le matin au réveil, sous la douche, quand nous mangeons, allons au travail, en réunion, il planifie toute notre journée jusqu’au moment de se coucher.

La construction du temps

Bien que la perception de la vue, du toucher, de l’ouïe, de l’odorat, du goût met en jeu des récepteurs sensoriels, il n’existe pas de récepteur dédié au temps. Et pourtant, il est aussi présent en nous, dans le cerveau, c’est une véritable machine à traiter le temps. Nous sommes pris par le temps, comme une présence impalpable. Sommes-nous victime du temps pour autant ? Notre mental appréhende le temps à travers son expérience et ses actions. En effet, à 5-6 ans, l’enfant devient capable de transposer la durée apprise lors d’une action par rapport à une autre. Progressivement, il commence à comprendre et à intégrer la notion de temps unique et linéaire qui existe indépendamment des actions produites.

Très jeune, le nourrisson est plongé dans un monde baignée de nombreuses régularité temporelle. Il apprend la notion de durée en y associant ses actions dont il fait l’expérience au quotidien. L’enfant “vit dans le temps” avant d’avoir conscience qu’il passe. La sensibilité au temps s’améliore pendant l’enfance grâce au développement des capacités d’attention et de mémoire de l’enfant, qui dépendent de la maturation du cortex préfrontal. Un moyen d’augmenter la précision des performances temporelles consiste à compter le temps. 

“Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.”

Albert Einstein

Les pointeurs du temps

Très tôt, à l’école, nous apprenons les conjugaisons et l’horizontalité du temps, entre différentes temporalités (passé, présent, futurs, imparfait, plus-que-parfait…) et différents verbes (faire, avoir, être…).

Pour la Personnalité, le temps se déroule de manière linaire.

Nous nous représentons mentalement le temps par rapport à une succession d’événements qui définissent notre quotidien et notre réalité. Chaque cause (évènement) produisant un effet. Cette idée du temps peut nous faire vivre dans la précipitation, l’empressement, l’oppression, le stress… Nous vivons cette frénésie du temps, autant dans nos vies personnelles et professionnels, qu’au niveau mondial. C’est l’accélération du temps ressentie résultant des capacités grandissante de notre technologie moderne. Et quand la crise survient, elle semble dévastatrice, plus que salvatrice, mais surtout porteuse d’un nouveau paradigme de penser.

Chaque événement est issu de causes précédentes.

Sur la ligne du temps (ci-dessus), nous percevons un passé et un futur. Le passé sous la forme de souvenirs, d’une mémoire ou des traces matérielles. Le futur sous la forme de désirs et / ou de projections de possibles. Afin de créer notre futur, nous considérons les événements s’enchaînant dans une chaîne de causes à effets linéaires. Nous cherchons les causes d’un événement dans un enchaînement d’événements qui semblent l’avoir précédé. Et nous imaginons le futur (projection) comme étant la résultante possible de l’ensemble des causes que nous discernons.

Cette causalité linéaire peut tout aussi bien être multi-factorielle : il existe plusieurs causes pour le même effet. On peut complexifier le schéma à volonté et notre mental adore ça. Néanmoins, dès qu’il s’agit de multi-factorialité, les combinaisons possibles sont infinies. Ce qui fait qu’il sera toujours difficile de prédire le temps qu’il va faire : trop de paramètres et de variables sont à considérer. Dans son livre, La physique de la conscience, Philippe Guillemant observe qu’il est difficile de prédire le comportement de boules de billard à partir de 3. Pour le faire, il est nécessaire selon lui, d’inclure une autre dimension, celle de l’intention initiale.

En réalité, il existe deux lignes temporaires, horizontal comme vu précédemment et vertical :

Le Soi et les plans de manifestation.

Nous sommes composés de différents corps de manifestation : un corps physique, un corps émotionnel (ou imaginaire) et enfin le corps mental. Le corps physique (véhicule de l’âme) correspond au corps que nous voyons (ou corps éthérique) correspondant à notre vitalité. Ensuite, nous avons un corps émotionnel (ou imaginaire), qui correspond à l’ensemble des images ou émotions qui nous habitent. C’est le corps qui vient mettre en mouvement, mettre en expression ce qui nous traverse. Enfin, le corps mental a la caractéristique principale de chercher à discerner, à penser et à créer des concepts et / ou idées pouvant être transmises.

Ces différents corps sont imbriqués entre eux comme des poupées gigognes. Le corps mental incluant le corps émotionnel, qui inclut le corps physique. Ces trois corps forment ce que l’on appelle : la personnalité. Le Soi est une instance qui inclut la personnalité et la connexion aux Soi des autres (et à l’humanité). L’Âme ou le Soi est en lien permanent avec l’ensemble, tout en ayant une couleur, une note singulière se manifestant à l’aide de (et par) la Personnalité. Le Soi est aussi appelé corps causal. Autrement dit, celui qui est à l’origine des effets. Par son influence sur les plans mental et émotionnel, le Soi se manifeste dans le monde physique.

Le Soi est cause des événements perçus sur la ligne du temps.

Ainsi, ce qui paraît parfois être dans un rapport de cause à effet peut simplement être issue d’une même source d’énergie produite verticalement (au présent). Se dessine alors deux types de temps et de causalité : le temps horizontal (manifeste de la Personnalité dans la matière) et le temps vertical (ou intérieur du Soi) :


Temps horizontal et vertical

En somme, toute crise, toute problématique est la conséquence d’un rythme, qui n’est pas adéquat entre intention initiale et sa manifestation. Comme il est important de pouvoir remettre l’intentionnalité du Soi au cœur de la lecture des événements. Vivre une part du Soi, c’est remettre du sens, là où il ne semble pas y en avoir (inconscience), là où il semble que rien n’avance. Pourtant le Soi, en tant que conscience individuelle (ou groupale) est toujours à l’œuvre. Pour s’en apercevoir, il s’agit « simplement » de redresser la barre du temps, de stopper la frénésie mentale, et de s’orienter vers le chemin de l’intériorité, de l’unité.

La transcendance

La transcendance est tirée du latin “transcendere” qui signifie “franchir / surpasser”, il désigne le dépassement de l’absolue, de toute les limites connues, de ce qui est déterminé et limité. Au Moyen Âge, ce terme qualifiait Dieu et se confondait avec l’absolu. Pour Pascal, il permet de séparer radicalement l’ordre du cœur, infiniment supérieur à celui de l’esprit, lui-même transcendant celui du corps. Pour Kant, la transcendance est l’expérience au-delà des possibles. Pour la phénoménologie et l’existentialisme, la transcendance désigne tout ce qui est au-delà de la conscience. Martin Heidegger (philosophe 1889 – 1976) y voyait « La structure essentielle du sujet » à qui il appartient (libre arbitre donc) de se projeter au-delà de lui-même. Dans “La Transcendance de l’ego” (1936), Sartre montre que la conscience, parce qu’elle est toujours projeté en avant d’elle-même, ne peut se saisir par des moyens réflexes et ne peut se transformer en objet, en matière. Voir l’article : Dissolution de l’égo.

“Les choses changent. Mais si vite…
Est-ce que les habitudes des hommes pourront suivre ?”

Isaac Asimov

Ma conclusion, le temps est le résultat d’une perception de l’esprit humain et sa capacité à se projeter (passé / futur) dans sa propre matrice. Voir “l’allégorie de la caverne” de Platon. Transcender l’espace et le temps revient à s’extraire de la matrice initiale (linéaire par apprentissage et par définition) et du concept de temps. Comment ? Par la connexion consciente et dirigé vers le moment présent, source unifié du soi et du champs du possible. Dans ce nouvel espace, la notion de temps disparaît et n’existe plus, il est alors transcendé. Il est le carrefour unifié en un point unique, aboutissant à un espace plus vaste de réalités multiples.

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